mercredi 23 février 2011
Paris - Siem Reap : 168 jours
Afficher Asie - Route réelle sur une carte plus grande
Entre deux journees dediees aux temples d'Angkor autour de Siem Reap au Cambodge, on en profite pour faire un petit point-route. Voila donc une carte de notre trajet reel depuis Paris, aux approximations Google Maps pres, la route n'étant bizarrement pas aussi anguleuse dans la vraie vie. Un bon moyen de se rendre compte qu'il nous restera environ 95% du monde a decouvrir en rentrant !
lundi 14 février 2011
Sabaidee !!!
"Sabaidee" comme tout le monde dit ici (bonjour!). On se sent bien au Laos, on mange du sticky rice (riz gluant) en petites boulettes avec les doigts. Ca parfois c'est embetant car avec la poussiere ambiante (c'est la saison seche en ce moment), on a plutot les mains crados...
On mange des sandwichs au pate et on joue a la petanque, heritage des Francais, passes par ici il y a environ 50 ans.
Les villages sont sympas, les villes sont petites, la circulation n'est pas pressee. Le bus roule a 30 km/h en moyenne et lorsqu'il est omnibus, il s'arrete toutes les cinq minutes pour prendre un passager, ou en faire descendre un autre, ou faire monter les vendeuses de brochettes de poulet et de mangue verte au piment. Ou de brochettes d'oeufs (si, si !! je vous assure !).
A cette saison les rizieres sont en friche mais par endroits la culture a repris, et les rizieres sont vert clair. A Savannahket, on s'est poses dans une cabane sur pilotis, au bord d'un lac, pour bouquiner et siroter un coca, avec ambiance sonore ! Les Laos adorent la musique, plutot romantique s'il vous plait. Dans les villages, les maisons en bois possedent peu de meubles ou d'equipements mais il y a souvent un ampli avec des baffles!
Ces quatre derniers jours dans le Sud du Laos, on a loue une petite moto pour se ballader, c'est Jerem qui conduit! On est montes sur le plateau des Boloven, ou il fait un peu plus frais que la chaleur torride qui regne dans le sud du Laos en ce moment. Plantations de cafes, cascades et villages de maisons en bois se succedent sur la route.
On a aussi la chance d'atterir, un peu par hasard, sur une ile du Mekong, parsemee de jolis petits villages. On peut y dormir chez l'habitant, un mec nous emmene a moto chez nos hotes du soir.
Et coup de bol enorme, au village, il y a le soir meme un festival Cinema Tuk Tuk, organise par un Francais et des Laos, dans l'enceinte du temple juste en face! Au programme, Mickey Mouse, Laurel et Hardy, theatre de marionnettes d'ombre et Buster Keaton, sur grand ecran!
En fin d'aprem, on decide d'aller se laver dans le Mekong, comme les gens d'ici. La femme qui nous heberge me prete un Sarong (genre de pareo cousu en tube) pour aller se baigner. C'est trop marrant de se shampooiner et de se jeter dans l'eau pour se rincer :)
C'est marrant aussi de se laver a la casserole : tu prends de l'eau dans le bac et tu t'arroses gaiement. C'est vivifiant.
La monnaie locale, c'est le kip et pour 100 euros, t'as un million de kips. La, pas de bol, on a retire cent euros et le million de kips est arrive en billets de 1 euro :) On se disait bien qu'elle faisait un drole de bruit, la machine.
A Luang Prabang, Vientiane et Champassak, on a vus de beaux temples.
Ah et au fait, comme on n'avait pas assez de bagages avec Jerem, on a achete des raquettes de badmington... :)
On mange des sandwichs au pate et on joue a la petanque, heritage des Francais, passes par ici il y a environ 50 ans.
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| Pate Henaff et vache qui rit |
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| "Petang" |
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| Fameuses brochettes d'oeufs |
A cette saison les rizieres sont en friche mais par endroits la culture a repris, et les rizieres sont vert clair. A Savannahket, on s'est poses dans une cabane sur pilotis, au bord d'un lac, pour bouquiner et siroter un coca, avec ambiance sonore ! Les Laos adorent la musique, plutot romantique s'il vous plait. Dans les villages, les maisons en bois possedent peu de meubles ou d'equipements mais il y a souvent un ampli avec des baffles!
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| Cabane resto sur pilotis |
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| On est tranquilou |
Ces quatre derniers jours dans le Sud du Laos, on a loue une petite moto pour se ballader, c'est Jerem qui conduit! On est montes sur le plateau des Boloven, ou il fait un peu plus frais que la chaleur torride qui regne dans le sud du Laos en ce moment. Plantations de cafes, cascades et villages de maisons en bois se succedent sur la route.
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| Dans le fruit rouge se trouve le grain de cafe |
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| Jeu de ballon |
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| Tad Yuang |
On a aussi la chance d'atterir, un peu par hasard, sur une ile du Mekong, parsemee de jolis petits villages. On peut y dormir chez l'habitant, un mec nous emmene a moto chez nos hotes du soir.
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| Le bateau qui nous emmene sur l'ile... |
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| ...est un catamaran ! C'est bien ca non ? |
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| La maison de nos hotes, a l'etage et notre lit |
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| Diner copieux et super bon |
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| La cuisine, avec feu au bois |
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| On dort quasiment direct dans les arbres |
Et coup de bol enorme, au village, il y a le soir meme un festival Cinema Tuk Tuk, organise par un Francais et des Laos, dans l'enceinte du temple juste en face! Au programme, Mickey Mouse, Laurel et Hardy, theatre de marionnettes d'ombre et Buster Keaton, sur grand ecran!
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| Le Wat qui accueille le festival |
En fin d'aprem, on decide d'aller se laver dans le Mekong, comme les gens d'ici. La femme qui nous heberge me prete un Sarong (genre de pareo cousu en tube) pour aller se baigner. C'est trop marrant de se shampooiner et de se jeter dans l'eau pour se rincer :)
C'est marrant aussi de se laver a la casserole : tu prends de l'eau dans le bac et tu t'arroses gaiement. C'est vivifiant.
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| Salle de bains |
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| Liasse de billets de mille kips |
A Luang Prabang, Vientiane et Champassak, on a vus de beaux temples.
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| Ceremonie des offrandes a Luang Prabang |
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| Procession a cote de Phat That Luang |
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| Montagnes au Nord du Laos, au debut de notre sejour |
Ah et au fait, comme on n'avait pas assez de bagages avec Jerem, on a achete des raquettes de badmington... :)
lundi 7 février 2011
Rencontres au Laos
Le monde est petit : alors qu'on errait dans les rues desertes de Vientiane a 23h, dans un quartier plein de guesthouses affichant toutes complet, on est tombe sur un groupe de gens buvant un coup (de la vodka locale a 2 euros la bouteille) devant un hotel. Parmi eux, Benjamin Wolff, un pote du lycee d'Orange ! C'etait pas la premiere fois qu'on trouvait le monde petit pendant ce voyage : on etait tombe par hasard a Hong-Kong sur Paul, un neerlandais avec qui on avait passe 15 jours en Mongolie quelques semaines plus tot. Et puis ca nous arrive de croiser et recroiser des touristes dans plusieurs villes. Mais la, je crois qu'on a atteint le top niveau de la rencontre inattendue.
Ben nous avouera plus tard s'etre demande, avant de me reconnaitre, ce que foutaient encore deux touristes avec leurs gros sacs a cette heure la, sachant que tout etait complet et que Vientiane (la capitale pourtant) etait deja en train de dormir... On s'etait leve aux aurores le matin meme pour quitter Luang Prabang aussi tot que possible, esperant monter dans un bus local et eviter le bus "VIP", plus cher et moins folklorique. On a bien eu notre bus local, au prix d'une matinee de retard... Partis a 12h30 au lieu de 8h30, forcement, on a un peu debarque a Vientiane les derniers, surpris tout de meme de voir autant de guesthouses blindees. C'est finalement dans la chambre de Ben et sa copine Alice qu'on passera la nuit, squattant une moitie de leur matelas qu'ils nous ont gentiment laisse. Bon, grace a mes qualites de negociateur hors pair on a quand meme du payer, mais merci Ben !
Comme nous, Ben et Alice sont partis de France en septembre, direction l'Inde et le Nepal, puis l'Asie du sud-est, avant de s'envoler bientot pour l'Australie. On a aussi fait la connaissance d'Heloise et Aurelien, un autre couple de francais qu'ils avaient rencontre le jour meme et qui arrive tout droit de Bordeaux...en velo. Ils vadrouillent depuis un an, en sont a 16 000 km a la force des mollets a travers l'Asie centrale, l'Ouzbekistan, le Tadjikistan et compagnie, le tibet, la Chine, et comptent bien continuer encore, au moins 6 mois, peut-etre 1 an (Si ca vous interesse, ils tiennent un blog plein de details pratiques : artizenvelo.org/blog). Des gens sympas que j'aurais tendance a placer haut dans la liste des aventuriers, quelque part entre Mike Horn et le type de Man vs Wild.
Mais ils ont l'air super bien prepares, et semblent avoir evite les galeres jusque la. Rase de pres, les cheveux coupes courts, on aurait meme tendance a croire Aurelien quand il dit que c'est "a la portee de tout le monde", et qu'il suffit de bien se preparer... C'est vrai qu'ils ont l'air de bien gerer leur truc, compare a un denomme "Mickael", un type faisant le tour du monde en velo allonge avec qui les bordelais ont roule quelques mois, et dont ils nous ont raconte quelques anecdotes, du genre "quand il s'est perdu pendant 6 jours au tibet" ou "la fois ou il a pousse sont velo sur 250km". Ca se confirme : quoi que tu fasses dans ce monde, il y a toujours un type qui fait la meme chose que toi en plus fou.
Ce n'est d'ailleurs pas les seuls aventuriers rencontres dans le coin. Depuis Dien Bien Phu, on croise et recroise souvent une petite famille de francais avec leurs deux garcons de moins de 10 ans, en train de faire un beau tour du monde : amerique du sud, polynesie, nouvelle-caledonie, Australie, Asie du sud-est et puis bientot l'Afrique du sud et la Namibie, avant de venir s'installer a la Reunion. Pas mal non ?
Il y a eu aussi Manu, un breton rencontre a la frontiere vietnamienne qui venait de faire le tour du Cambodge et du Vietnam en petite moto, achetee a Pnom Penh et revendue au Laos. La routine pour ce type qui bosse dans la voile et dont le boulot consiste entre autre a convoyer des bateau en Europe, au Cap vert ou aux Antilles.
Et puis il y a Aymard, un jeune belge d'une petite vingtaine d'annees, rencontre dans le nord du Laos : ancien scout, c'est plus ou moins en stop qu'il est arrive jusqu'ici, en dormant chez l'habitant ou a defaut dans sa tente. Aux dernieres nouvelles, quelqu'un la croise sur le chemin d'une grotte ou il comptait, le plus simplement du monde, s'installer pour la nuit. "Et t'as jamais eu de probleme ?" "Oh, non ca va, en Russie j'ai ete pris en stop par des conducteurs bourres, mais j'ai ete surpris en fait ils conduisent vachement bien bourres !!".
Bref, du voyageur en ce moment, on en croise pas mal. Ca permet de patienter en attendant les retrouvailles prevues de longues dates, en avril en Malaisie, en mai a Bali, en Juillet en Inde.
Ben nous avouera plus tard s'etre demande, avant de me reconnaitre, ce que foutaient encore deux touristes avec leurs gros sacs a cette heure la, sachant que tout etait complet et que Vientiane (la capitale pourtant) etait deja en train de dormir... On s'etait leve aux aurores le matin meme pour quitter Luang Prabang aussi tot que possible, esperant monter dans un bus local et eviter le bus "VIP", plus cher et moins folklorique. On a bien eu notre bus local, au prix d'une matinee de retard... Partis a 12h30 au lieu de 8h30, forcement, on a un peu debarque a Vientiane les derniers, surpris tout de meme de voir autant de guesthouses blindees. C'est finalement dans la chambre de Ben et sa copine Alice qu'on passera la nuit, squattant une moitie de leur matelas qu'ils nous ont gentiment laisse. Bon, grace a mes qualites de negociateur hors pair on a quand meme du payer, mais merci Ben !
Comme nous, Ben et Alice sont partis de France en septembre, direction l'Inde et le Nepal, puis l'Asie du sud-est, avant de s'envoler bientot pour l'Australie. On a aussi fait la connaissance d'Heloise et Aurelien, un autre couple de francais qu'ils avaient rencontre le jour meme et qui arrive tout droit de Bordeaux...en velo. Ils vadrouillent depuis un an, en sont a 16 000 km a la force des mollets a travers l'Asie centrale, l'Ouzbekistan, le Tadjikistan et compagnie, le tibet, la Chine, et comptent bien continuer encore, au moins 6 mois, peut-etre 1 an (Si ca vous interesse, ils tiennent un blog plein de details pratiques : artizenvelo.org/blog). Des gens sympas que j'aurais tendance a placer haut dans la liste des aventuriers, quelque part entre Mike Horn et le type de Man vs Wild.
Mais ils ont l'air super bien prepares, et semblent avoir evite les galeres jusque la. Rase de pres, les cheveux coupes courts, on aurait meme tendance a croire Aurelien quand il dit que c'est "a la portee de tout le monde", et qu'il suffit de bien se preparer... C'est vrai qu'ils ont l'air de bien gerer leur truc, compare a un denomme "Mickael", un type faisant le tour du monde en velo allonge avec qui les bordelais ont roule quelques mois, et dont ils nous ont raconte quelques anecdotes, du genre "quand il s'est perdu pendant 6 jours au tibet" ou "la fois ou il a pousse sont velo sur 250km". Ca se confirme : quoi que tu fasses dans ce monde, il y a toujours un type qui fait la meme chose que toi en plus fou.
Ce n'est d'ailleurs pas les seuls aventuriers rencontres dans le coin. Depuis Dien Bien Phu, on croise et recroise souvent une petite famille de francais avec leurs deux garcons de moins de 10 ans, en train de faire un beau tour du monde : amerique du sud, polynesie, nouvelle-caledonie, Australie, Asie du sud-est et puis bientot l'Afrique du sud et la Namibie, avant de venir s'installer a la Reunion. Pas mal non ?
Il y a eu aussi Manu, un breton rencontre a la frontiere vietnamienne qui venait de faire le tour du Cambodge et du Vietnam en petite moto, achetee a Pnom Penh et revendue au Laos. La routine pour ce type qui bosse dans la voile et dont le boulot consiste entre autre a convoyer des bateau en Europe, au Cap vert ou aux Antilles.
Et puis il y a Aymard, un jeune belge d'une petite vingtaine d'annees, rencontre dans le nord du Laos : ancien scout, c'est plus ou moins en stop qu'il est arrive jusqu'ici, en dormant chez l'habitant ou a defaut dans sa tente. Aux dernieres nouvelles, quelqu'un la croise sur le chemin d'une grotte ou il comptait, le plus simplement du monde, s'installer pour la nuit. "Et t'as jamais eu de probleme ?" "Oh, non ca va, en Russie j'ai ete pris en stop par des conducteurs bourres, mais j'ai ete surpris en fait ils conduisent vachement bien bourres !!".
Bref, du voyageur en ce moment, on en croise pas mal. Ca permet de patienter en attendant les retrouvailles prevues de longues dates, en avril en Malaisie, en mai a Bali, en Juillet en Inde.
dimanche 23 janvier 2011
Dans le nord du Vietnam, chez les Dzao et les H'mong fleurs
(au passage : on a ajoute les photos a l'article sur Hong-Kong et la route vers le Vietnam, par ici)
Il aura fallu attendre le 19 janvier (joyeux anniversaire Benjamin !!!) pour voir le soleil en 2011 ! Il etait temps, on commencait a devenir tout pale, et on prend un bus pour le Laos dans deux jours. Faut dire, on l'a un peu cherche : en arrivant a Hanoi depuis la Chine, on a senti un vent de migration de touristes vers le sud, tous surpris par le froid et disposes a changer leurs plans pour aller chercher le beau temps (il semble faire particulierement froid dans le nord cette annee). Motives par une envie irrepressible de s'eloigner de la foule, avec qui on venait de passer deux jours sympas mais pas fous dans la baie d'Ha long, on a choisi de se concentrer sur le nord, quitte a cailler... Bingo ! Peu de touristes, du froid et meme du brouillard en guest star, on a pas ete decus. Ces jours-ci a Dien Bien Phu, pres de la frontiere, il faut avouer qu'on revit un peu (quel pied de pas faire de fumee quand on parle dans son lit), meme si on est plutot contents de notre sejour dans la region : minibus folkloriques, marches colores dans les montagnes, balades dans les rizieres et les villages, alcool arrange a l'hippocampe... Pour peu qu'on arrive a voir a travers la brume l'endroit est magnifique.
Une fois rehabilles pour l'hiver, mode "commme en Mongolie" (on etait bien content de pas avoir donne nos polaires et bonnets a Andre et Nicole -cf episode Borneo), on s'est embarques dans un train pour le nord du pays, direction Bac Ha, village relativement perdu et connu pour son marche du dimanche ou tous les habitants des villages environnants (ethnies montagnardes n'ayant aucun rapport avec les vietnamiens) se donnent rendez-vous, vetus de leurs habits traditionnels. Le reste de la semaine, il se passe pour ainsi dire : rien.
Quand on descend du minibus sur la "grand place", on est plonge directement dans l'ambiance villageoise : femmes en costume, carioles a cheval, poulets, vendeurs ambulants, etalages de legumes inconnus. On pourrait se croire sur un tournage de film d'epoque (ou on aurait oublie de dissimuler les boutiques de telephone portable). Un apercu de l'heure de pointe en semaine :
Dans la ville, les touristes qu'on rencontre s'averent etre majoritairement vieux et francais. On dit qu'on trouve toujours des francais dans les coins paumes, alors on n'est pas surpris, mais quand meme, des vieux... On se demande si on n'est pas en train de faire des trucs de vieux d'un coup ! Sur ce, on embarque sur un taxi moto direction le marche de Can Cau, a 20 bornes au nord vers la frontiere chinoise.
Nous voila donc partis chacun sur une moto. On est couverts jusqu'aux oreilles a cause du froid. Pourtant sur la route on croisera un type en claquettes sur sa moto, dont la tactique anti-froid se resume a mettre ses pieds dans des sacs plastique. Ce qui nous fera remarquer que beaucoup de personnes sont en claquettes ici, pieds-nus ou en chaussettes, ils sont resistants les locaux !
Au marche de Can Cau c'est l'effervescence. C'est en fait ici que les locales viennent acheter leurs tenues, on se croirait aux soldes version H'mong fleurs. Les etalages debordent de tissus fluos et de jupes brodees, de tuniques et de guetres. C'est la qu'on remarque que les H'mong fleurs sont toutes petites ! Avec Julie on les depasse toutes d'une tete dans le marche, pratique pour se retrouver. D'autant plus que ma tactique habituelle consistant a reperer le blouson jaune fluo de Julie dans les foules ne marche pas ici, tout le monde etant plus ou moins fluo !
A cote de ca, on peut acheter a peu pres tous les animaux de la ferme ici, buffles et cochons en particulier. Les cochons couinent a mort avant de se faire enfermes dans des sacs, c'est a la fois triste et rigolo, faut avouer. Surtout quand on apercoit cette vieille dame avec un cochon en laisse, qu'elle arrivera a faire reculer tout seul dans le sac, sans un cri, on sent l'experience !
On en profite pour gouter plein de trucs frits, crepes fadasses et beignets savoureux, petits plaisirs dont les locaux ne se privent pas ! Plus loin, c'est la zone des restos, ambiance taverne d'un autre age, ou se cotoient belles jupes et groupes de mecs occupes a siroter l'alcool de mais local, le "Ruou", qu'on ne manquera pas de gouter. Une fois repus de notre pho quasi quotidien, on remonte sur les motos direction Bac Ha. Beaucoup de locaux repartent eux a pied, panier remplis sur le dos.
Le lendemain, rebelote a Bac Ha, dont les rues se sont incroyablement remplies. Le marche deborde dans toute la ville. On passera encore du temps dans le marche a bestiaux, entre cochons, poules et chiens, qu'on ne vend visiblement pas pour faire chien de garde... Dans le genre bizarre, on aura aussi le droit dans un resaurant de Bac Ha a un petit coup de gnaule avant de manger (pourquoi pas) sorti tout droit d'une bouteille remplie d'hippocampes (mais pourquoi ??).
Deux jours plus tard, apres un trajet toujours aussi epique dans un minibus a moitie rempli de cartons, sacs de bouffe et bidons de ruou, c'est un brouillard plus que dense qui nous accueillera a Sapa, ville beaucoup plus developpee que Bac Ha. L'enfilade de boutiques et de restaurants font penser a une station de sports d'hiver, a moins que ce ne soit la temperature ? Il fait encore plus froid qu'a Bac Ha ! Seul reconfort, on a le droit a un matelas chauffant dans notre chambre a 6$, le grand luxe.
L'interet de la ville reside dans ses alentours reputes magnifiques et ses petits villages de minorites qu'on peut atteindre en randonnees. Errant dans la ville dans le brouillard le plus total, alors qu'on tirait deja une croix sur les "alentours magnifiques", on est sauves par Manmei, une femme de l'ethnie Dzao qui nous propose de nous guider jusqu'a son village. Rendez-vous le lendemain matin pour une demi-journee de marche en direction de "Ta Phin", en partie dans la "gadoue" comme dit elle-meme la guide. Elle nous apprend des trucs sur les herbes medicinales sur le chemin, nous raconte quelques us et coutumes de son ethnie, notamment sur les mariages, on se dit qu'on a de la chance que cette femme toujours souriante nous soit tombee dessus a Sapa. En plus de rudiments d'anglais et de quelques mots de francais, elle parle le dzao (appris en famille) et le vietnamien (appris a l'ecole), pas mal !
Dans son village, on fait la connaissance de sa mere, en train de cuisiner dans une maison ou retentit une musique techno ultra agressive, une association plutot incongrue. La musique du petit-fils parait-il. Manmei nous montre la cuve d'indigo, un bain de teinture naturelle realise a partir de plantes qu'ils utilisent pour leurs vetements.
On decouvre enfin la maison de la guide, une batisse en bois avec sol en terre battue ou se promenent librement de petits poussins. Les enfants sont en train de regarder la tele (l'Open d'Australie !) mais se mettent vite fait en action pour preparer le repas avec leur mere. L'endroit est sombre mais accueillant. On passera la majeure partie du temps scotches au feu dans la cuisine !
Les plats ne ressemblent pas de la cuisine vietnamienne, c'est de la cuisine Dzao, plus proche du style chinois (d'ailleurs les Dzao vivaient en Chine il y a 300 ans avant de migrer dans le nord du Vietnam). C'etait simple et bon, mais on a quand meme eu le droit a un truc assez bizarre : on avait vu un peu plus tot le pere concasser methodiquement un petit oiseau entier, os tete et pattes compris, jusqu'a le reduire en debris. On a vu ensuite cette mixture cuire avec de la fleur de bananier, pensant un moment qu'il s'agissait de bouffe pour les cochons, jusqu'a ce que ca soit servi a table. Le resultat est... croustillant, mais semble faire l'unanimite dans la famille !
Apres Sapa, on a pris un bus direction Dien Bien Phu. Sur le trajet petit a petit le brouillard disparait, nous laissant enfin apercevoir le paysage, les vallees de rizieres en terrasse ponctuees de petits villages, la nature foisonnante qui fait penser aux montagnes volantes d'Avatar (quelle reference...), des rivieres et des ponts suspendus a la Indiana Jones. Pendant ce temps Julie bataille avec son ventre.... Ah, les problemes digestifs pendant de longs trajets en bus, de loin les meilleurs moments... Neanmoins au fil des kilometres on sent la temperature monter, et enfin le soleil fait son apparition, plongeant la vallee dans une ambiance de fin de journee estivale. Ca fait plaisir ! On bascule dans une autre ambiance, plus proche de ce qu'on a en tete quand on pense a l'asie du sud-est.
On arrive donc a Dien Bien Phu, petite ville tranquille ou on attend, peinards, de prendre le bus pour le Laos. Le temps d'aller faire un tour dans le musee dedie a la fameuse bataille, petit mais interessant, assez pour donner envie, comme d'hab, de se plonger plus en detail dans l'Histoire. Ca parait assez fou, c'etait il n'y a pas si longtemps et on revient ici commme si de rien n'etait, a profiter des quelques vestiges du style francais, le pain et le cafe, ou a rigoler avec le type de l'hotel a Sapa qui, en attendant notre bus, nous dira dans un anglais approximatif : "France, here, Tatatatatatatatata", en mimant une mitraillette, hilare...
En se baladant plus tard a moto dans les environs on tombera par hasard dans un village thai (une autre ethnie) dont toutes les maisons sont sur pilotis. A peine arrete, un pere de famille nous invite chez lui pour prendre le the et surtout pour boire un coup de Ruou, le temps que toute la famille debarque. En arriere plan, la tele diffuse un spectacle ultra vieillot ou les gens brandissent des fauscilles et des marteaux. Un stop inattendu bien marrant !
Prochaine etape, le Laos !
Il aura fallu attendre le 19 janvier (joyeux anniversaire Benjamin !!!) pour voir le soleil en 2011 ! Il etait temps, on commencait a devenir tout pale, et on prend un bus pour le Laos dans deux jours. Faut dire, on l'a un peu cherche : en arrivant a Hanoi depuis la Chine, on a senti un vent de migration de touristes vers le sud, tous surpris par le froid et disposes a changer leurs plans pour aller chercher le beau temps (il semble faire particulierement froid dans le nord cette annee). Motives par une envie irrepressible de s'eloigner de la foule, avec qui on venait de passer deux jours sympas mais pas fous dans la baie d'Ha long, on a choisi de se concentrer sur le nord, quitte a cailler... Bingo ! Peu de touristes, du froid et meme du brouillard en guest star, on a pas ete decus. Ces jours-ci a Dien Bien Phu, pres de la frontiere, il faut avouer qu'on revit un peu (quel pied de pas faire de fumee quand on parle dans son lit), meme si on est plutot contents de notre sejour dans la region : minibus folkloriques, marches colores dans les montagnes, balades dans les rizieres et les villages, alcool arrange a l'hippocampe... Pour peu qu'on arrive a voir a travers la brume l'endroit est magnifique.
Une fois rehabilles pour l'hiver, mode "commme en Mongolie" (on etait bien content de pas avoir donne nos polaires et bonnets a Andre et Nicole -cf episode Borneo), on s'est embarques dans un train pour le nord du pays, direction Bac Ha, village relativement perdu et connu pour son marche du dimanche ou tous les habitants des villages environnants (ethnies montagnardes n'ayant aucun rapport avec les vietnamiens) se donnent rendez-vous, vetus de leurs habits traditionnels. Le reste de la semaine, il se passe pour ainsi dire : rien.
| Femmes de l'ethnie H'mong fleurs |
Quand on descend du minibus sur la "grand place", on est plonge directement dans l'ambiance villageoise : femmes en costume, carioles a cheval, poulets, vendeurs ambulants, etalages de legumes inconnus. On pourrait se croire sur un tournage de film d'epoque (ou on aurait oublie de dissimuler les boutiques de telephone portable). Un apercu de l'heure de pointe en semaine :
Dans la ville, les touristes qu'on rencontre s'averent etre majoritairement vieux et francais. On dit qu'on trouve toujours des francais dans les coins paumes, alors on n'est pas surpris, mais quand meme, des vieux... On se demande si on n'est pas en train de faire des trucs de vieux d'un coup ! Sur ce, on embarque sur un taxi moto direction le marche de Can Cau, a 20 bornes au nord vers la frontiere chinoise.
| Un virage sans brume |
Au marche de Can Cau c'est l'effervescence. C'est en fait ici que les locales viennent acheter leurs tenues, on se croirait aux soldes version H'mong fleurs. Les etalages debordent de tissus fluos et de jupes brodees, de tuniques et de guetres. C'est la qu'on remarque que les H'mong fleurs sont toutes petites ! Avec Julie on les depasse toutes d'une tete dans le marche, pratique pour se retrouver. D'autant plus que ma tactique habituelle consistant a reperer le blouson jaune fluo de Julie dans les foules ne marche pas ici, tout le monde etant plus ou moins fluo !
A cote de ca, on peut acheter a peu pres tous les animaux de la ferme ici, buffles et cochons en particulier. Les cochons couinent a mort avant de se faire enfermes dans des sacs, c'est a la fois triste et rigolo, faut avouer. Surtout quand on apercoit cette vieille dame avec un cochon en laisse, qu'elle arrivera a faire reculer tout seul dans le sac, sans un cri, on sent l'experience !
| Le stand buffles |
On en profite pour gouter plein de trucs frits, crepes fadasses et beignets savoureux, petits plaisirs dont les locaux ne se privent pas ! Plus loin, c'est la zone des restos, ambiance taverne d'un autre age, ou se cotoient belles jupes et groupes de mecs occupes a siroter l'alcool de mais local, le "Ruou", qu'on ne manquera pas de gouter. Une fois repus de notre pho quasi quotidien, on remonte sur les motos direction Bac Ha. Beaucoup de locaux repartent eux a pied, panier remplis sur le dos.
| Ce monsieur essaye-t-il de nous faire croire que c'est son premier verre ? |
Le lendemain, rebelote a Bac Ha, dont les rues se sont incroyablement remplies. Le marche deborde dans toute la ville. On passera encore du temps dans le marche a bestiaux, entre cochons, poules et chiens, qu'on ne vend visiblement pas pour faire chien de garde... Dans le genre bizarre, on aura aussi le droit dans un resaurant de Bac Ha a un petit coup de gnaule avant de manger (pourquoi pas) sorti tout droit d'une bouteille remplie d'hippocampes (mais pourquoi ??).
| Marche de Bac Ha |
| Un cochon vivant bien ficele |
| Bidons de Ruou |
| Mesurage de chiens |
| "Rhooo ils sont mimis" |
Deux jours plus tard, apres un trajet toujours aussi epique dans un minibus a moitie rempli de cartons, sacs de bouffe et bidons de ruou, c'est un brouillard plus que dense qui nous accueillera a Sapa, ville beaucoup plus developpee que Bac Ha. L'enfilade de boutiques et de restaurants font penser a une station de sports d'hiver, a moins que ce ne soit la temperature ? Il fait encore plus froid qu'a Bac Ha ! Seul reconfort, on a le droit a un matelas chauffant dans notre chambre a 6$, le grand luxe.
L'interet de la ville reside dans ses alentours reputes magnifiques et ses petits villages de minorites qu'on peut atteindre en randonnees. Errant dans la ville dans le brouillard le plus total, alors qu'on tirait deja une croix sur les "alentours magnifiques", on est sauves par Manmei, une femme de l'ethnie Dzao qui nous propose de nous guider jusqu'a son village. Rendez-vous le lendemain matin pour une demi-journee de marche en direction de "Ta Phin", en partie dans la "gadoue" comme dit elle-meme la guide. Elle nous apprend des trucs sur les herbes medicinales sur le chemin, nous raconte quelques us et coutumes de son ethnie, notamment sur les mariages, on se dit qu'on a de la chance que cette femme toujours souriante nous soit tombee dessus a Sapa. En plus de rudiments d'anglais et de quelques mots de francais, elle parle le dzao (appris en famille) et le vietnamien (appris a l'ecole), pas mal !
Dans son village, on fait la connaissance de sa mere, en train de cuisiner dans une maison ou retentit une musique techno ultra agressive, une association plutot incongrue. La musique du petit-fils parait-il. Manmei nous montre la cuve d'indigo, un bain de teinture naturelle realise a partir de plantes qu'ils utilisent pour leurs vetements.
| La teuf a Ta Phin |
| Stock de couleur |
| La fille |
| La soeur |
| Le repas, sympa mais ca depend les assiettes |
Les plats ne ressemblent pas de la cuisine vietnamienne, c'est de la cuisine Dzao, plus proche du style chinois (d'ailleurs les Dzao vivaient en Chine il y a 300 ans avant de migrer dans le nord du Vietnam). C'etait simple et bon, mais on a quand meme eu le droit a un truc assez bizarre : on avait vu un peu plus tot le pere concasser methodiquement un petit oiseau entier, os tete et pattes compris, jusqu'a le reduire en debris. On a vu ensuite cette mixture cuire avec de la fleur de bananier, pensant un moment qu'il s'agissait de bouffe pour les cochons, jusqu'a ce que ca soit servi a table. Le resultat est... croustillant, mais semble faire l'unanimite dans la famille !
Apres Sapa, on a pris un bus direction Dien Bien Phu. Sur le trajet petit a petit le brouillard disparait, nous laissant enfin apercevoir le paysage, les vallees de rizieres en terrasse ponctuees de petits villages, la nature foisonnante qui fait penser aux montagnes volantes d'Avatar (quelle reference...), des rivieres et des ponts suspendus a la Indiana Jones. Pendant ce temps Julie bataille avec son ventre.... Ah, les problemes digestifs pendant de longs trajets en bus, de loin les meilleurs moments... Neanmoins au fil des kilometres on sent la temperature monter, et enfin le soleil fait son apparition, plongeant la vallee dans une ambiance de fin de journee estivale. Ca fait plaisir ! On bascule dans une autre ambiance, plus proche de ce qu'on a en tete quand on pense a l'asie du sud-est.
On arrive donc a Dien Bien Phu, petite ville tranquille ou on attend, peinards, de prendre le bus pour le Laos. Le temps d'aller faire un tour dans le musee dedie a la fameuse bataille, petit mais interessant, assez pour donner envie, comme d'hab, de se plonger plus en detail dans l'Histoire. Ca parait assez fou, c'etait il n'y a pas si longtemps et on revient ici commme si de rien n'etait, a profiter des quelques vestiges du style francais, le pain et le cafe, ou a rigoler avec le type de l'hotel a Sapa qui, en attendant notre bus, nous dira dans un anglais approximatif : "France, here, Tatatatatatatatata", en mimant une mitraillette, hilare...
| Dien Bien Phu sous le soleil |
| Ravitaillement a la patisserie... |
En se baladant plus tard a moto dans les environs on tombera par hasard dans un village thai (une autre ethnie) dont toutes les maisons sont sur pilotis. A peine arrete, un pere de famille nous invite chez lui pour prendre le the et surtout pour boire un coup de Ruou, le temps que toute la famille debarque. En arriere plan, la tele diffuse un spectacle ultra vieillot ou les gens brandissent des fauscilles et des marteaux. Un stop inattendu bien marrant !
Prochaine etape, le Laos !
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